Clôture de la mission d’évaluation du Guichet Unique Maritime : le Congo accélère sa transition vers la digitalisation portuaire

La mission d’évaluation du niveau de mise en œuvre du Guichet Unique Maritime (GUM) s’est achevée à Pointe-Noire le 22 mai 2026, sous le patronage de Julio Nganongo Osseré, Directeur de cabinet du ministre des Transports, de l’Aviation Civile et de la Marine marchande, en présence des experts mandatés par l’Organisation maritime internationale (OMI), des Directeurs généraux du Port Autonome de Pointe-Noire et de la Marine marchande ainsi que des représentants des administrations et structures impliquées dans la chaîne logistique portuaire

Pendant cinq jours d’intenses travaux marqués par des échanges techniques, des réflexions stratégiques et un partage d’expériences autour de la modernisation du système portuaire congolais, les participants issus principalement du Port Autonome de Pointe-Noire, du Guichet Unique des Opérations Transfrontalières et de la Direction générale de la Marine marchande ont procédé à une évaluation approfondie du niveau d’application des instruments internationaux relatifs à la facilitation du trafic maritime international, notamment les dispositions de la Convention FAL de l’OMI.

Les travaux ont permis de dégager une feuille de route jugée essentielle pour accélérer l’opérationnalisation du Guichet Unique Maritime au Congo. Cette dynamique repose sur trois leviers stratégiques majeurs :

Le premier concerne l’interopérabilité technique complète entre les différentes administrations et plateformes intervenant dans la chaîne portuaire qui consiste notamment à assurer une interconnexion en temps réel entre la Marine marchande, les Douanes, le Port Autonome de Pointe-Noire et le Guichet Unique des Opérations Transfrontalières, afin de fluidifier les échanges d’informations et de renforcer l’efficacité opérationnelle.

Le deuxième levier porte sur la consolidation d’un Guichet Unique sécurisé, fondé sur la dématérialisation intégrale des procédures et formulaires prescrits par la Convention FAL. Cette transformation numérique permettra de réduire considérablement les lourdeurs administratives, tout en sécurisant davantage les flux documentaires et physiques liés aux opérations maritimes et portuaires.

Enfin, le troisième axe stratégique vise l’optimisation globale des escales des navires dans l’enceinte portuaire. Les experts estiment qu’une meilleure coordination numérique des opérations contribuera à générer un gain de temps significatif, à réduire drastiquement les coûts logistiques et à améliorer la compétitivité de la plateforme portuaire congolaise.

Au cours des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants afin d’assurer une mise en œuvre efficace et durable du Guichet Unique Maritime. Celles-ci portent notamment sur le renforcement du cadre réglementaire et institutionnel, l’accélération de la digitalisation des procédures portuaires et maritimes, la formation continue des acteurs impliqués, ainsi que la nécessité de garantir une meilleure coordination entre les administrations intervenant dans la chaîne logistique.

Les participants ont également insisté sur l’importance de mobiliser les ressources techniques et financières nécessaires à la réussite du projet.

Au terme des travaux, les participants ont unanimement reconnu que le diagnostic du système actuel est désormais clairement établi et que les besoins prioritaires ont été identifiés. L’enjeu consiste désormais à déployer efficacement les points d’entrée électroniques uniques capables de renforcer durablement l’attractivité du corridor maritime congolais.

Dans son allocution de clôture, le représentant du ministre a souligné que la digitalisation du secteur maritime et portuaire constitue aujourd’hui, pour le Congo, un véritable impératif de souveraineté économique. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accompagner les réformes engagées afin de faire du Port de Pointe-Noire une plateforme moderne, performante et pleinement intégrée aux standards internationaux de facilitation du commerce maritime.

Par Antoine Dustell Mbama, Correspondant de Maritimafrica en République du Congo