ALERTE AUX MAREES NOIRES EN AFRIQUE DE L’OUEST : LA CÔTE D’IVOIRE SE BARRICADE FACE AUX GEANTS DU PETROLE

Le risque d’incidents de pollution par les hydrocarbures a considérablement augmenté dans les secteurs maritimes d’Afrique de l’Ouest. Face à l’intensification de l’exploration et du trafic maritime, le Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL) a ouvert ce jour à Abidjan un atelier sous-régional crucial. Ce séminaire met l’accent sur la dépendance de la région à l’égard de son secteur maritime pour sa croissance économique.

L’adoption de cadres solides en matière de responsabilité et d’indemnisation est désormais d’une importance cruciale pour la gestion des ressources de la région. Plusieurs instruments internationaux offrent aujourd’hui des garanties juridiques essentielles : Ce sont la Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (CLC) : les Fonds internationaux d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (FIPOL) : la Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute (BUNKER) et la Convention sur les substances nocives et potentiellement dangereuses (SNPD). Ces mécanismes internationaux permettent d’assurer une indemnisation rapide des victimes d’un incident de pollution. Ils s’avèrent également indispensables pour financer les opérations de lutte en mer et sur les côtes.

L’objectif principal de cet atelier est de présenter et de fournir une formation intensive aux autorités nationales concernées. Le programme se focalise sur le traitement et l’administration des demandes d’indemnisation. Les organisateurs visent deux axes majeurs a savoir Renforcer les connaissances des participants sur les conventions internationales existantes et Fournir des compétences pratiques pour la préparation des demandes d’indemnisation et la documentation des preuves sans oublier la Maîtrise de la réalisation d’évaluations d’impact environnemental et la conduite des processus de négociation financière.

Grâce à ces modules, les auditeurs obtiendront une meilleure compréhension du rôle d’organisations clés telles que l’ITOPF, le FIPOL et les Clubs P&I.

Pour cette première journée d’apprentissage, une soixantaine d’experts nationaux et internationaux ont répondu à l’appel. Les agents du CIAPOL et les délégations venues des pays de la sous-région africaine ont pu s’approprier les prérequis fondamentaux. Les premières sessions ont abordé le cadre juridique global applicable. Les participants ont également dressé une revue complète des causes de pollution et de leurs impacts directs sur les ressources maritimes et côtières. Cette session de haut niveau est animée par un panel d’experts internationaux reconnus dont Marine Laigle (Coordonnatrice GIWACAF), Anaïs Guillou (Cheffe de Projet GIWACAF), Franck Laruelle et Natalie Kirk (ITOPF) puis Tonje Castberg (P&I Clubs).

Les travaux, présidés pour leur ouverture technique par le Professeur Bernard Ossey YAPO, Directeur du CIAPOL, s’étaleront sur trois jours. Le Ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique procédera à l’ouverture officielle de l’atelier ce mardi 09 juin. Cette formation théorique servira de prélude à un déploiement sur le terrain. Un exercice grandeur nature du Plan Pollumar se tiendra les 11, 12 et 13 juin prochains dans la région de San Pedro. Ce test de déploiement réel se déroulera en présence des plus hautes autorités ministérielles pour valider les capacités de réaction de la Côte d’Ivoire. Notons sue M. Eba Mian Germain sous directeur de la CIPOMAR est le point focal du CIAPOL pour le compte de cette activité.

Source : Centre Ivoirien Antipollution (CIAPOL)