Les Comores renforcent leur coopération maritime régionale à travers le projet Safe Seas for Africa
Dans un contexte marqué par l’évolution des menaces maritimes et la nécessité d’une coopération accrue entre les États côtiers de l’océan Indien occidental, l’Union des Comores poursuit ses efforts visant à renforcer sa gouvernance maritime et ses capacités de coordination interinstitutionnelle.
C’est dans cette dynamique que se tient, du 30 juin au 3 juillet 2026 à Moroni, un atelier national consacré à l’élaboration d’une feuille de route dans le cadre du projet de réponse aux crises financé par l’Union européenne. Cette activité réunit le Centre national pour l’action de l’État en mer (CNAEM) ainsi que les principales institutions nationales intervenant dans le domaine maritime, notamment l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACM), les Garde-côtes comoriens, le Centre national de contrôle et de surveillance de pêche (CNCSP) et la Gendarmerie nationale.
Organisé dans le cadre du programme Safe Seas for Africa (SSA), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la Commission de l’océan Indien (COI), cet atelier constitue une étape importante dans le renforcement du dispositif national de sûreté et de sécurité maritimes. Le programme SSA vise à améliorer la capacité des États signataires de l’Architecture Régionale de Sécurité Maritime (ARSM) à prévenir, détecter et répondre efficacement aux incidents et crises maritimes, tout en favorisant une meilleure coopération régionale.
Les travaux portent sur plusieurs axes stratégiques essentiels. Ils visent notamment à améliorer la coordination entre les différentes administrations impliquées dans la gestion des espaces maritimes, à renforcer la connaissance de la situation maritime nationale (Maritime Domain Awareness) et à développer un mécanisme performant de collecte, d’analyse et de partage d’informations relatives aux activités maritimes.
L’atelier aborde également les dimensions juridiques, techniques et opérationnelles nécessaires à la mise en place et au fonctionnement efficace d’un Centre national de partage d’informations maritimes. Une telle structure constitue aujourd’hui un outil indispensable pour permettre aux autorités nationales de disposer d’une vision globale de leur espace maritime, d’anticiper les risques et de coordonner plus efficacement les réponses aux incidents en mer.
Pour les Comores, dont une partie importante de son économie dépend fortement des activités maritimes, du commerce international et des ressources marines, le renforcement des mécanismes de surveillance et de coordination représente un enjeu stratégique majeur.
La lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), les trafics illicites, la pollution marine, les migrations irrégulières et les autres menaces transnationales nécessite en effet une coopération étroite entre les différentes institutions nationales ainsi qu’avec les partenaires régionaux.
Cette initiative contribue également à renforcer l’intégration du CNAEM au sein de l’architecture régionale de sécurité maritime mise en place dans l’océan Indien occidental. Celle-ci repose sur une coopération étroite entre les centres régionaux de partage d’informations, les États côtiers et les organisations internationales engagées dans la promotion de la sûreté maritime.
À cette occasion, le Centre régional de fusion d’informations maritimes (CRFIM) participe activement aux travaux à travers la présence du Capitaine Said LAVANI, officier de liaison des Comores auprès du CRFIM. Celui-ci intervient en qualité d’assistant du consultant de l’Organisation maritime internationale (OMI), mandaté dans le cadre du Code de conduite de Djibouti (DCoC) pour accompagner et faciliter les discussions techniques.
Sa participation illustre la complémentarité entre les initiatives nationales et les mécanismes régionaux de coopération maritime. Elle témoigne également de l’engagement du CRFIM à soutenir les États membres dans le développement de leurs capacités nationales de surveillance maritime, de partage d’informations et de gestion des risques en mer.
À travers cet atelier, les Comores franchissent une nouvelle étape dans la consolidation de leur architecture nationale de sécurité maritime. Les résultats attendus permettront de définir une feuille de route claire pour le développement du Centre national de partage d’informations maritimes et de renforcer davantage la contribution du pays aux efforts régionaux visant à garantir des espaces maritimes plus sûrs, plus sécurisés et plus résilients face aux défis émergents.
Par le Capitaine Said LAVANI, Officier de liaison des Comores auprès du CRFIM



