La diaspora congolaise à la découverte du Port Autonome de Pointe-Noire : Comprendre, investir et contribuer
Une délégation composée de membres de la diaspora congolaise venus notamment des États-Unis, de France, d’Éthiopie, d’Afrique du Sud et d’ailleurs, reçue par le Secrétaire général du Port Autonome de Pointe-Noire, Onisephore Raymond au nom du Directeur général Séraphin Bhalat en mission, a effectué le 11 août 2026 une visite au Port autonome de Pointe-Noire. Cette rencontre, placée sous le signe de l’échange et de la découverte, avait pour ambition de permettre aux Congolais de l’extérieur de mieux comprendre le fonctionnement de la plateforme portuaire et d’identifier les opportunités susceptibles de favoriser leur implication dans le développement économique du Congo.
Cette visite, la première du genre au Port de Pointe-Noire, a débuté par une séance de travail réunissant les membres de la délégation et le staff dirigeant du Port autonome de Pointe-Noire. Dans son mot introductif, le Secrétaire général du Port a souhaité la bienvenue aux visiteurs, tout en plantant le décor de cette rencontre destinée à favoriser une meilleure compréhension des missions, du fonctionnement et des perspectives de la plateforme portuaire.
Prenant la parole au nom de la délégation, Marvyne Loti Loutonadio a d’entrée de jeu, remercié les responsables du Port pour la qualité de l’accueil réservé à la diaspora congolaise, avant de se lancer dans une sorte de plaidoyer pour la diaspora. Soulignant l’importance capitale que revêt, pour les Congolais de l’étranger, cette visite du Port autonome de Pointe-Noire, il a indiqué qu’un port ne saurait être réduit à un simple espace où arrivent et repartent les marchandises. Celui-ci constitue l’une des principales portes d’entrée de l’économie nationale et un instrument stratégique permettant au Congo d’être connecté aux marchés régionaux et internationaux.
Cette dimension économique est parfaitement au cœur des préoccupations de la diaspora. En effet, de nombreux Congolais établis à l’étranger souhaitent investir au pays, importer des équipements professionnels, exporter des produits congolais, développer des activités commerciales ou industrielles et créer des passerelles économiques entre leurs pays de résidence et le Congo leur pays d’origine. C’est dans cette optique qu’une série de questions très concrètes a été adressée aux responsables du Port : combien coûte réellement le passage d’une marchandise ? Quels sont les délais requis ? Quelles procédures faut-il accomplir ? Quels dispositifs existent pour réduire les lourdeurs administratives, sécuriser les opérations et garantir une meilleure prévisibilité aux entrepreneurs ?
Au-delà des opérations d’importation, les membres de la délégation se sont également intéressés au rôle que pourrait jouer le Port autonome de Pointe-Noire dans la diversification de l’économie congolaise.
Pour eux, l’enjeu est également de faire du Port une porte de sortie plus importante pour les produits transformés au Congo et pour le savoir-faire congolais à destination des marchés africains et internationaux. Une ambition qui, de leur point de vue, suppose la mise en place d’une chaîne économique cohérente en vue de produire au Congo, de transformer au Congo, d’acheminer efficacement et d’exporter depuis le Congo.
La question de l’accès des petites et moyennes entreprises aux services portuaires a également occupé une place importante dans les échanges. Les membres de la diaspora ont notamment cherché à comprendre comment un entrepreneur disposant de moyens plus modestes peut accéder aux prestations portuaires et quels mécanismes pourraient faciliter les opérations des PME.
La digitalisation, la simplification des procédures et l’amélioration de la compétitivité des entreprises ont également été évoquées pendant les échanges.
À travers ces différentes préoccupations, la délégation a exprimé le souhait de voir s’ouvrir une réflexion plus structurée sur les relations entre le Port autonome de Pointe-Noire et la diaspora économique congolaise. Car, comme l’a relevé Marvyne Loti Loutonadio, les Congolais vivant à l’étranger disposent d’une expertise importante dans plusieurs secteurs tels la logistique, le transport, le commerce international, la finance, le numérique, l’industrie et dans bien d’autres domaines. Cette expertise constitue, selon lui, une ressource sur laquelle le Congo pourrait davantage s’appuyer.
Voir, comprendre et demain contribuer, telle est en substance, la démarche qui a guidé les membres de cette délégation.
À l’ensemble des préoccupations soulevées par les membres de la délégation, les responsables du Port autonome de Pointe-Noire ont apporté des réponses et des éclaircissements qui ont permis aux visiteurs de mieux appréhender les réalités de la plateforme portuaire ainsi que les mécanismes liés à son fonctionnement.
Après les échanges en salle, place a été faite à la découverte des installations. La délégation a été en effet conduite sur le terrain pour une visite guidée de plusieurs infrastructures portuaires. Première étape : le terminal à conteneurs, où les visiteurs ont pu apprécier l’organisation des opérations de manutention, le traitement des marchandises ainsi que le rôle stratégique de cette infrastructure dans les échanges commerciaux.
La visite s’est poursuivie au quai multivrac, autre maillon important de la plateforme portuaire. Les membres de la délégation ont pu y découvrir les capacités du Port dans la réception, le traitement et l’acheminement de différents types de marchandises.
Cette immersion au cœur de l’activité portuaire aura ainsi permis aux visiteurs de confronter leurs interrogations à la réalité du terrain et de mieux mesurer le potentiel du Port autonome de Pointe-Noire dans l’économie nationale et dans les échanges régionaux et internationaux.
Au terme de cette visite, les membres de la diaspora congolaise sont repartis avec une connaissance plus concrète de cet outil stratégique de l’économie nationale. Cependant leur ambition ne s’arrête pas à ce qu’ils ont découvert le 11 août 2026. Ils entendent désormais porter auprès de leurs compatriotes établis à l’étranger les informations recueillies et les réponses apportées par les responsables du Port. Car le véritable enjeu de cette démarche réside moins dans ce qui a été découvert aujourd’hui que dans ce qui pourra en être fait demain.
En rapprochant ainsi le Port autonome de Pointe-Noire de la diaspora congolaise, cette rencontre ouvre une perspective de dialogue, de partage d’expertise et, potentiellement, de nouvelles initiatives économiques. Une dynamique qui pourrait contribuer à renforcer les liens entre les Congolais de l’extérieur et les grands instruments de développement du pays, autour d’une ambition commune : faire de l’expertise, des capitaux et des réseaux de la diaspora des leviers supplémentaires au service de l’économie congolaise.
Par Antoine Dustell Mbama, Correspondant de Maritimafrica en République du Congo




