Congo – PAPN : Un exercice grandeur nature pour renforcer la lutte antipollution et la gestion de l’urgence

Du 7 au 9 septembre 2026, la Direction Qualité, Sécurité, Santé et Environnement (DQSSE) du Port Autonome de Pointe-Noire a organisé du 7 au 9 septembre 2026 un exercice grandeur nature consacré à l’« Amélioration de la lutte antipollution et gestion de l’urgence ». Placé sous la conduite de la cellule de crise et coordonné par la Direction générale du Port Autonome de Pointe-Noire, cet exercice avait pour ambition de tester en conditions réelles, la capacité de réaction du port face à une situation d’urgence liée à une pollution par hydrocarbures.

Déployé sur trois sites stratégiques du domaine portuaire à savoir, le bassin portuaire, le quai multifonctions et le port de pêche industrielle, l’exercice a constitué un véritable test grandeur nature des dispositifs de prévention, d’alerte, d’intervention et de coordination des différents acteurs appelés à intervenir en cas de pollution accidentelle. Au-delà de la simulation d’une situation de crise, l’exercice visait notamment à tester l’organisation de l’alerte, la préparation de l’intervention ainsi que les mécanismes de retour d’expérience. Il s’agissait également d’évaluer l’efficacité des équipements acquis ou déjà disponibles au Port Autonome de Pointe-Noire, ainsi que les moyens logistiques mobilisables en cas d’urgence. L’un des principaux objectifs opérationnels consistait à déployer les moyens d’intervention en conditions réelles afin de tester les dispositifs de confinement et de récupération de nappes d’hydrocarbures, aussi bien à quai que dans le bassin portuaire et sur les plages.

Sur le terrain, les équipes mobilisées pour les opérations de confinement et de récupération ont ainsi mis en œuvre des barrages flottants double couche. Ces équipements ont permis de contenir la nappe d’hydrocarbures simulée et d’empêcher sa dispersion dans le bassin portuaire. Une fois le confinement réalisé, les équipes sont passées à la phase de récupération. L’opération a notamment mobilisé des boudins absorbants, des épuisettes, des filets de pêcheurs ainsi que des skimmers déployés sur les différentes zones d’intervention. La mise en œuvre simultanée de ces moyens a permis de tester les capacités des équipes à intervenir rapidement, à coordonner leurs actions et à utiliser les équipements appropriés en fonction des caractéristiques de la pollution simulée.

Pendant toute la durée de l’exercice, les opérations ont été conduites en concertation avec les services techniques compétents. Ces derniers ont confirmé qu’aucun impact réel, ni sur le plan sanitaire ni sur le plan environnemental, n’a été enregistré. L’exercice étant basé sur une situation de pollution simulée, cette dimension de coordination entre les différents acteurs a constitué l’un des enseignements majeurs de l’exercice. En effet, la lutte contre une pollution maritime ou portuaire ne repose pas uniquement sur les moyens matériels. Elle exige également une organisation efficace de l’alerte, une chaîne de commandement clairement établie, une bonne circulation de l’information et une parfaite coordination entre les services concernés.

A l’issue des opérations, une restitution a permis aux différents acteurs de faire le bilan de l’exercice et d’identifier les difficultés rencontrées ainsi que les éventuelles incohérences observées dans le dispositif.  Au cours de celle ci, Leslie Bhalat, Directrice Qualité, Sécurité, Santé et Environnement, a indiqué que l’exercice de simulation avait été un succès, malgré les difficultés rencontrées au cours des différentes phases de l’intervention. Ces difficultés, considérées comme des enseignements utiles, devront permettre d’améliorer le dispositif existant et de renforcer la capacité de réaction du PAPN. Dans cette perspective, la DQSSE a retenu quatre priorités, avec l’engagement de les mettre en œuvre avant la tenue du prochain exercice. L’objectif de cette priorité est de corriger les incohérences relevées, d’améliorer les procédures et de renforcer davantage l’efficacité du dispositif de lutte antipollution et de gestion de l’urgence.

L’intervention du Directeur général adjoint, du Port Autonome de Pointe-Noire Serge César Bouya, a marqué la clôture de la clôture de l’exercice. Au cours de cette intervention, il  a salué la mobilisation et l’implication des parties prenantes et remercié notamment  la Préfecture de Pointe-Noire, les équipes d’intervention, l’ensemble de la communauté portuaire, les ONG de pêcheurs ainsi que la Direction Générale de la Marine Marchande, pour leur étroite et efficace participation et leur collaboration tout au long de cet exercice.

Le Port Autonome de Pointe-Noire réaffirme ainsi à travers cet exercice son engagement en faveur de la prévention des risques, de la sécurité des opérations portuaires et de la protection de l’environnement. Au-delà de la simulation, l’exercice   aura surtout permis de confronter les procédures et les équipements à la réalité du terrain, de mesurer les capacités d’intervention des équipes et d’identifier les axes d’amélioration.

Un exercice réussi, mais surtout un exercice utile.  Car en matière d’urgence et de lutte antipollution, mieux se préparer aujourd’hui, c’est être mieux armé pour protéger demain le Port, ses travailleurs, les usagers du Port, l’environnement et les populations riveraines.

Par Antoine Dustell Mbama, Correspondant de Maritimafrica en République du Congo