Clôture de la 10éme édition des journées du Chargeur Africain couplée à la session ordinaire du Comité directeur et à la 14éme Assemblée générale de l’Union des Conseils des Chargeurs Africains : Cap sur les meilleures pratiques et à la coopération
Tenus sous le thème très significatif et révélateur : “Les Conseils des Chargeurs face aux enjeux contemporains des transports maritimes et du commerce international”, les travaux des dixièmes Journées du Chargeur Africain, qui ont rassemblé experts, chargeurs, acteurs portuaires et partenaires institutionnels, venus des dix neuf (19) pays membres de l’UCCA et d’ailleurs, ont connu leur épilogue le vendredi 18 juillet 2025 sous l’égide de Dominique Candide KOUMOU BOULAS, directeur général du Conseil des Chargeurs, après cinq jours d’intenses réflexions et d’échanges fructueux .
Ouverts le 14 juillet 2025 par Ingrid Olga Ghislaine EBOUKA BABAKAS, Ministre des Transports, de l’Aviation Civile et de la Marine marchande du Congo, ces assises ont marqué un tournant décisif dans la dynamique de renforcement des chaines logistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre. Au cœur de ce rendez-vous biannuel du Chargeur Africain, figuraient sur la base du thème central de ces 10émes journées, les problématiques liées aux défis et enjeux du transport durable ; à la digitalisation et l’intelligence artificielle au service des transports; le réarmement des conseils des chargeurs pour la lutte contre les taux de fret excessifs et charges connexes ; la ZLECAF, le développement des corridors et le rôle des conseils des chargeurs ; la compétitivité des corridors et les nouveaux défis de la facilitation des échanges.
Dans la déclaration finale adoptée à l’issue des débats et échanges suscités par la présentation de tous ces panels , les experts ont formulé des recommandations fortes et stratégiques à l’endroit de l’UCCA , des Conseils des Chargeurs et des États membres de l’UCCA :
- A l’attention de l’UCCA : à œuvrer a l’élaboration d’une stratégie de mise en œuvre de la ZLECAf, commune a tous les conseils des chargeurs ; à encourager les conseils des chargeurs a vulgariser davantage les instruments juridiques de la CCI ; à encourager les conseils des chargeurs à s’impliquer activement dans la création des comites nationaux ICC et, le cas échéant, a être le point focal de la CCI dans leur pays.
- A l’attention des Conseils des Chargeurs : à suivre la répercussion des surcoûts environnementaux ; à suivre les outils de développement des taux de fret ; à multiplier les infrastructures dans les corridors inter-Etats dans le cadre de la mise en œuvre de la ZLECAf ; à soutenir la compétitivité des échanges ; à promouvoir des chaînes logistiques africaines intégrées ; à réduire la dépendance des pays sans littoral ; à assurer le suivi de la performance des corridors (observatoires) ; à promouvoir le développement commercial le long des corridors ; à faire un plaidoyer en faveur de l’amélioration des infrastructures ; à renforcer la formation et la sensibilisation des chargeurs a l’utilisation des outils digitaux mis a leur disposition ; à investir dans la formation d’un personnel dédié, dont la fonction principale est de veiller au développement des solutions digitales adaptées aux défis actuels rencontrés par les Chargeurs ; à assurer la veille technologique ; à être attentif aux clauses environnementales dans les charte-partie.
- A l’attention des États membres de l’UCCA : à faciliter la suppression des barrières physiques et non physiques à la circulation des biens et des personnes le long des corridors ; à établir des réseaux de parties prenantes ; à ratifier les Règles de Rotterdam et veiller a leur transposition dans les réglementations nationales ; à assurer la connectivite entre les conseils des chargeurs dans le cadre de la ZLECAf ; à élaborer les stratégies de mise en œuvre de la ZLECAf par chaque État partie ; à impliquer les conseils des chargeurs dans la gouvernance des corridors touchant leur pays et, le cas échéant, obtenir des autorités compétentes le leadership en matière de gestion desdits corridors ; à promouvoir la mise en place d’un cadre juridique en matière de transformation digitale et de Blockchain, pour les procédures du commerce extérieur.
Cette floppée des recommandations toutes importantes les unes comme les autres, n’ont pas laissé de marbre le Professeur Ibrahim Khalil Diallo, Expert maritime de renom qui appréciant la portée de ces recommandations, a souhaité qu’elles soient effectivement mises en application, contrairement aux précédentes qui sont restées lettres mortes :
« Les recommandations c’est bien, mais le plus important c’est leur mise en œuvre. Toutes ces recommandations, sont un peu redondantes. Car il y a dix ans, il y a quinze ans, il y a cinq ans, ce sont les mêmes qui reviennent. Donc, il faut que le nouveau président de l’UCCA, KOUMOU BOULAS travaille à faire mettre en œuvre toute ces recommandations qui ont été prises. C’est le plus important. Je pense qu’il réussira ; il faudra qu’il use de beaucoup de tact pour amener ses autres collègues directeurs généraux à s’approprier ces recommandations et à les mettre en œuvre pour le bien des Chargeurs Africains »
Clôturant les travaux au nom du ministre des Transports, Dominique Candide Fabrice KOUMOU BOULAS, Directeur général du Conseil Congolais des Chargeurs a exhorté les Conseils des Chargeurs à transformer le transport en un secteur robuste et connecté.
A souligner qu’en marge des travaux de ces assises de Pointe-Noire, les États membres de l’UCCA ont tenu la session ordinaire de leur Comité directeur et la 14éme session de leur Assemblée générale au cours de laquelle le nouveau bureau de l’UCCA que va présider le Conseil Congolais des Chargeurs au nom de la République du Congo a été mis en place pour un mandat de deux ans.
Par ailleurs pendant ces journées, des expositions et des rencontres B2B ont permis de tisser des liens entre acteurs économiques et institutionnels. Les 10émes journées du Chargeur Africain ont ainsi été un rendez-vous stratégique, au cours duquel l’Afrique logistique s’est donnée les moyens de parler d’une seule voix, avec ambition et pragmatique.
Par Antoine Dustell Mbama, Correspondant de Maritimafrica en République du Congo


