Golfe de Guinée – GRAND AFRICAN NEMo 2025, engagement multinational d’ampleur pour la sécurité maritime
Du 10 au 17 novembre, s’est déroulé l’exercice GRAND AFRICAN NEMo 2025 (GANo25) co-organisé par l’Architecture de Yaoundé et le commandement en chef pour l’Atlantique (CECLANT). Cet exercice annuel de grande ampleur a rassemblé 18 nations * riveraines du golfe de Guinée et 9 nations * partenaires. GANo25 s’est déroulé dans une vaste zone maritime allant du Sénégal à l’Angola.
Grand African NEMO est un exercice de coopération opérationnelle à vocation internationale dont l’objectif est de contribuer à développer et renforcer la sécurité des espaces maritimes dans le golfe de Guinée, enjeu prioritaire dans cette zone stratégique. Co-organisé par l’Architecture de Yaoundé* et CECLANT, cet exercice régional annuel majeur réunit les marines des nations riveraines, les marines partenaires du golfe de Guinée ainsi que de nombreux organismes experts apportant aux acteurs de l’exercice des formations et éclairages appréciés.
Avec plus de 6 000 km de côtes exposées aux trafics illicites, à la criminalité maritime et aux risques environnementaux, le Golfe de Guinée constitue aujourd’hui une zone stratégique où la coopération régionale joue un rôle essentiel. Les actions menées dans le cadre de GANo25 ont permis d’accroître les savoir-faire partagés et de renforcer l’interopérabilité entre acteurs civils et militaires autour de thématiques aussi variées que la lutte contre les trafics illicites, la pêche INN, la pollution marine ou l’entraînement aux opérations de recherche et sauvetage en mer (SAR).
Cette 8ème édition a rassemblé 26 nations partenaires. Les pays riverains du Golfe de Guinée ont particulièrement mis l’accent sur la planification des exercices pour encore plus de réalisme et de complexité dans les scénarios. Cumulant près de 70 scénarios complexes impliquant 55 unités à la mer, 12 aéronefs et de nombreux centres d’expertise ou de commandement à terre, soit plusieurs milliers de personnes des différentes administrations œuvrant pour la sécurité maritime dans la zone. Le Maroc, le Portugal, la Mauritanie et l’Espagne ont pris part à cet exercice avec l’engagement respectivement du PHM Bir Anzarane, du NRP Centauro, du MS Nimlane et du SPS Rayo témoignant ainsi de leur engagement pour accentuer la coopération avec leurs nations voisines et riveraines du golfe de Guinée. La Marine nationale dans le cadre de la mission CORYMBE, a mis en œuvre le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Tonnerre et, pour l’exercice, déployé une vingtaine d’officiers de liaisons au sein des centres opérationnels à terre.
Au-delà du volet maritime, des chaînes complètes ont été activées, de la Sécurité civile aux Douanes, des Affaires maritimes aux services de l’Immigration, jusqu’aux autorités judiciaires. Deux procès fictifs, organisés par l’UNODC-GMCP (United Nations Office on Drugs and Crime – Global Maritime Crime Program), ont ainsi permis de travailler la chaîne de la preuve et le “legal finish” à partir des éléments collectés dans les scénarios zonaux. Deux procès fictifs ont été joués avec pour objectif principal de compléter le volet opérationnel par le volet judiciaire, indispensable pour éviter que les interpellations effectuées en mer restent sans suite. Et pour la première fois dans l’histoire de GANo, certains volets ont également été conduits en milieu fluvial, notamment sur le fleuve Congo, illustrant la volonté de renforcer l’interopérabilité dans toutes les dimensions du domaine maritime.
GANo25 s’est appuyé sur une coalition d’acteurs régionaux et internationaux dont l’expertise a été déterminante. L’Union européenne a soutenu l’exercice au travers de ses programmes Enhanced Maritime Action (EnMAR), du projet UE/EF/SEACOP (Seaport Cooperation Programme) et UE/EF/GOGIN2. Elle a ainsi apporté son soutien à la lutte contre les trafics maritimes illicites et les réseaux criminels transnationaux notamment sur le volet formation avant l’exercice et dans la rédaction des scénarios. L’édition 2025 de GANo consacre en particulier la plateforme YARIS (Yaoundé Architecture Regional Information System) comme socle technologique de l’Architecture de Yaoundé et passerelle de communication vers le public sur les activités conduites par les centres de l’Architecture.
Des organisations spécialisées ont également contribué à l’exercice, notamment INTERPOL, l’Organisation internationale de police criminelle qui a apporté son expertise dans les scénarios traitant la lutte contre la criminalité maritime et le CEDRE (Centre of Documentation,et Research and Experimentation on Accidental Water Pollution) qui a apporté leurs compétences en matière de gestion des pollutions accidentelles.
Enfin, les organisations régionales de pêche de la CDAO que sont la CSRP (Commission Sous Régionale des Pêches) et le CPCO (Comité des Pêches du Centre-Ouest) ainsi la COREP (Commission Régionale des Pêches du Golfe de Guinée) pour la CEAC ont joué un rôle central dans les actions de lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), enjeu majeur pour la sécurité et la durabilité des ressources de la région.
Aux côtés de ces partenaires, CECLANT continue d’appuyer l’Architecture de Yaoundé au travers des initiatives SIREN et l’exercice GRAND AFRICAN NEMO en lui-même. Ces actions contribuent à la formation initiale des acteurs des pays riverains du Golfe de Guinée, contribue au partage des savoir-faire en environnement multi-menaces et multinational, afin de renforcer la capacité collective à prévenir les menaces maritimes qui sévissent dans cette zone stratégique.
*L’architecture de coopération interrégionale du processus de Yaoundé est une architecture commune de sécurité maritime décidée par les chefs d’Etats des pays riverains du golfe de Guinée à l’occasion d’un sommet à Yaoundé, au Cameroun, en juin 2013. Cette architecture se compose du Centre interrégional de coordination (CIC), structure d’échange d’information et de coordination, qui fait la jonction entre le Centre régional de sécurité maritime de l’Afrique centrale (CRESMAC) et le Centre régional de sécurité maritime de l’Afrique de l’Ouest (CRESMAO). L’espace côtier est subdivisé en 5 zones maritimes opérationnelles, dont les activités sont coordonnées au sein de 5 centres multinationaux de coordination (CMC).
* Angola, Bénin, Cameroun, Cap Vert, Congo, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée Equatoriale, Liberia, Nigeria, République démocratique du Congo, Sao-Tomé et Principe, Sénégal, Sierra-Leone et Togo.
* France, Italie, Mauritanie, Maroc, Portugal, Espagne, Belgique, Danemark


