« La sûreté maritime est une responsabilité partagée » déclare le Secrétaire général de l’OMI devant le Conseil de sécurité des Nations Unies
Le Secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a appelé les États Membres et les partenaires internationaux à faire preuve de vigilance et à renforcer leur coopération pour faire face aux menaces croissantes qui pèsent sur la sûreté maritime.
S’exprimant le 11 août lors du débat public de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies, présidé par le Président de la République du Panama, M. José Raúl Mulino, M. Dominguez a souligné les risques auxquels sont confrontés les navires et les gens de mer qui transportent des milliards de tonnes de marchandises dans le monde entier.
« Notre réponse collective doit être ancrée dans la prévention, la vigilance constante, l’innovation et le renforcement continu de la coopération régionale et internationale », a-t-il déclaré. « Le multilatéralisme est essentiel dans ce domaine. La sûreté maritime est une responsabilité partagée ».
Il a souligné la nécessité pour les États de respecter les obligations découlant des normes internationales établies en matière de sécurité, de sûreté et de protection de l’environnement dans le domaine du transport maritime.
Faire face à l’évolution des menaces
En 2024, près de 150 incidents de piraterie et de vols à main armée ont été signalés à l’OMI, les plus nombreux se produisant dans les détroits de Malacca et de Singapour, dans l’océan Indien et en Afrique de l’Ouest. La même année, des attaques illégales en mer Rouge ont visé des navires en violation du droit international et de la liberté de navigation.
Les cyberattaques, le trafic de drogue et les activités frauduleuses continuent de compromettre la sûreté maritime, tandis que les technologies émergentes apportent à la fois des opportunités et des risques, soulignant l’urgence d’une gouvernance solide en matière de cybersécurité.
« Lorsque des tensions géopolitiques perturbent le transport maritime et que des gens de mer innocents perdent la vie, comme nous l’avons vu récemment dans la zone de la mer Rouge et au cours de l’année 2024, le seul moyen d’avancer est le dialogue constructif », a déclaré M. Dominguez. « La sûreté maritime n’est pas seulement technique, elle est profondément humaine. »
Il a remercié le Conseil de sécurité pour ses résolutions appelant à la cessation immédiate des attaques contre les transports maritimes internationaux et pour le suivi continu de la situation.
Développer les capacités, partager l’information
Pour atténuer certains de ces problèmes, l’OMI a élaboré des mesures contraignantes telles que le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (Code ISPS) de 2004, les protocoles révisés de 2005 pour la répression d’actes illicites en mer ou les Traités SUA, et les exigences en matière de cybersécurité dans le cadre des Systèmes obligatoires de gestion de la sécurité.
Les projets de développement des capacités contribuent à renforcer les réponses régionales, en mettant l’accent sur la diffusion de l’information et la coopération. Parmi les cadres notables figurent l’Accord de coopération régionale contre la piraterie et les vols à main armée à l’encontre des navires en Asie (ReCAAP), le Code de conduite de Djibouti et son Amendement de Djeddah, et le Code de conduite de Yaoundé entre les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.
Dominguez a également mis l’accent sur les partenariats avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), INTERPOL, les organismes régionaux et les États Membres donateurs pour faire avancer ce travail, par le biais d’initiatives telles que le Programme de la mer Rouge et le projet de sûreté portuaire, financés par l’UE.
Le débat de haut niveau visait à promouvoir des approches innovantes, inclusives et coopératives pour améliorer la sûreté maritime, qui renforcent le multilatéralisme et respectent le cadre juridique international.
- En savoir plus sur l’événement (note de cadrage)
- Regarder un enregistrement sur UN Web TV
- Avant-propos du Secrétaire général
Source : OMI


