Nouvelle présidence et continuité stratégique au Secrétariat général : l’OMAOC célèbre son 50ᵉ anniversaire en réaffirmant ses ambitions continentales
La 19e Session ordinaire de l’Assemblée générale de l’Organisation Maritime de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (OMAOC) s’est achevée à Banjul sur une double note historique : la célébration du Jubilé d’Or marquant 50 ans de coopération maritime régionale et l’accession de la Gambie aux plus hautes responsabilités de l’organisation.
Organisée au Sir Dawda Kairaba Jawara International Conference Centre, la cérémonie de clôture s’est tenue en présence de Son Excellence Muhammed B.S. Jallow, Vice-Président de la République de Gambie, représentant le Chef de l’État.
Une nouvelle gouvernance régionale
La Gambie à la présidence (2026 – 2028)
À l’issue des travaux, le ministre gambien des Transports, des Travaux publics et des Infrastructures, Ebrima Sillah, a été officiellement investi Président de l’OMAOC pour un mandat de deux ans (2026 – 2028).
Dans son discours d’acceptation, il a fixé un cap clair :
- promouvoir un transport maritime sûr, sécurisé et compétitif ;
- accélérer la mise en place de la Banque Maritime Régionale de Développement (BMRD) ;
- renforcer la lutte contre la pollution marine ;
- porter la transformation de l’OMAOC en Organisation Maritime Africaine (OMA).
La nouvelle configuration du Bureau reflète un équilibre régional :
- Guinée équatoriale : 1er Vice-Président
- Sénégal : 2e Vice-Président
Cette architecture illustre la volonté des États membres d’insuffler une dynamique collective à l’intégration maritime ouest et centrafricaine.
50 ans de coopération : la Déclaration de Banjul
Le Jubilé d’Or a été l’occasion de revisiter l’évolution de l’organisation depuis sa création en 1975. Les ministres ont adopté la Déclaration de Banjul, feuille de route stratégique visant à :
- harmoniser les législations maritimes ;
- renforcer l’intégration régionale ;
- consolider la sécurité maritime ;
- accélérer la mutation vers une autorité maritime continentale de référence.
Cette ambition s’inscrit dans une logique d’unification de la voix africaine sur les enjeux globaux du transport maritime.
La vision gambienne : l’océan comme moteur de croissance
Dans son allocution, le Vice-Président Muhammed B.S. Jallow a rappelé que plus de 80 % du commerce mondial transite par voie maritime, déclarant :
« L’océan n’est pas une frontière, mais une porte d’entrée vers la croissance, l’innovation et les opportunités. »
Il a souligné l’alignement de l’engagement gambien au sein de l’OMAOC avec le Renewed Framework for National Development (RF-NDP), articulé autour de :
- la diversification économique et la modernisation des infrastructures ;
- l’expansion du commerce régional et la sécurité maritime ;
- la résilience climatique et la gestion durable des ressources.
La Gambie entend ainsi ancrer son développement dans une économie bleue durable et compétitive.
Réélection du Secrétaire général : continuité stratégique
L’un des moments forts de l’Assemblée a été la réélection unanime de Paul Adalikwu au poste de Secrétaire général pour un nouveau mandat de quatre ans.
Son renouvellement traduit la reconnaissance des États membres pour les transformations engagées depuis quatre ans.
Sécurité maritime renforcée
Sous son leadership :
- consolidation de l’Architecture de Yaoundé ;
- promotion de l’application du Code ISPS ;
- acquisition d’équipements navals ;
- renforcement de l’intelligence communautaire ;
- mise en œuvre du CINFOCOM pour le partage d’informations en temps réel.
Ces initiatives ont contribué à une réduction significative des actes de piraterie dans le Golfe de Guinée, avec des périodes proches de zéro incident signalé par le Bureau Maritime International.
Réformes juridiques et lutte contre la piraterie
L’OMAOC a encouragé l’adoption régionale de modèles tels que le SPOMO Act nigérian et soutenu les poursuites judiciaires contre les criminels maritimes, notamment au Nigeria et au Togo.
Développement du capital humain
Un accord de 1,3 million de dollars avec l’Indonésie a permis la formation de 96 marins issus des États membres, renforçant l’employabilité et les compétences techniques régionales.
Financement et intégration maritime
Le Dr. Adalikwu a relancé des projets longtemps stagnants :
- la Banque Maritime Régionale de Développement (BMRD) ;
- le Fonds Maritime Régional ;
- un réseau intégré de garde-côtes sous-régional ;
- un Observatoire Régional des Transports ;
- un Code Maritime Régional harmonisé ;
- une compagnie régionale de cabotage pour stimuler le commerce intra-africain.
Il milite également pour un régime de cabotage continental garantissant la priorité aux investisseurs et professionnels africains.
Expertise technique : la Gambie aux commandes
La Directrice générale de la Gambia Maritime Administration (GMA), Olimatou Danso-Malang, a été élue Présidente du Comité des Experts de l’OMAOC (2026 – 2028).
Organe technique clé, ce comité analyse les politiques sectorielles et formule des recommandations stratégiques au Conseil des ministres. Sa nomination consolide l’influence gambienne dans l’orientation technique et réglementaire de l’organisation.
Vers l’Organisation Maritime Africaine (OMA)
L’ensemble des interventions ont convergé vers un objectif commun : transformer l’OMAOC en Organisation Maritime Africaine (OMA) afin d’unifier la position du continent dans les négociations maritimes internationales.
Cette évolution viserait à :
- renforcer la souveraineté maritime africaine ;
- harmoniser les cadres réglementaires ;
- réduire la dépendance aux armateurs étrangers ;
- maximiser la valorisation des vastes côtes ouest et centrafricaines.
Un tournant stratégique pour l’Afrique maritime
La 19e Assemblée générale marque ainsi un tournant décisif. Entre leadership gambien affirmé, continuité stratégique incarnée par Dr. Adalikwu et ambition continentale renforcée, l’OMAOC entre dans une nouvelle phase de maturité.
À l’heure où l’économie bleue devient un levier majeur de diversification économique, l’Afrique de l’Ouest et du Centre affiche sa volonté de structurer son espace maritime, sécuriser ses routes commerciales et parler d’une seule voix sur la scène mondiale.
Le cap est désormais clair : faire de l’espace maritime régional un moteur intégré de croissance, de souveraineté et d’influence africaine.










