Les Seychelles créent un Bureau hydrographique national pour mieux connaître et gérer leur domaine maritime

Les Seychelles renforcent leur capacité à connaître, gérer et protéger leur vaste domaine maritime. Le Conseil des ministres des Seychelles a approuvé la création du Bureau hydrographique des Seychelles (Seychelles Hydrographic Office – SHO) au sein de l’Autorité maritime de sécurité des Seychelles (Seychelles Maritime Safety Authority – SMSA). Cette décision permet la mise en place d’un cadre national dédié à la coordination et à la gestion des informations hydrographiques du pays.

L’approbation du Conseil des ministres des Seychelles officialise le SHO en tant que département spécialisé de la SMSA et prévoit également la création d’un Comité hydrographique national.

L’hydrographie, un outil essentiel pour la connaissance du domaine maritime

L’hydrographie joue un rôle essentiel dans la compréhension et la gestion des océans. À l’image des cartes terrestres qui permettent de connaître et de comprendre les territoires, les données hydrographiques permettent de mieux appréhender l’environnement marin.

Pour un État insulaire et océanique comme les Seychelles, cette connaissance revêt une importance particulière. Elle contribue notamment à renforcer la sécurité de la navigation, les opérations de recherche et de sauvetage, la planification maritime, la gestion de l’environnement marin ainsi que le développement de l’économie bleue.

Le Bureau hydrographique des Seychelles aura ainsi pour mission de rassembler les informations hydrographiques produites par différents services gouvernementaux et par des partenaires internationaux. Il devra ensuite coordonner, gérer et préserver ces données en tant qu’actif national, tout en facilitant leur accès aux organismes qui en ont besoin pour leurs activités maritimes.

Des données hydrographiques qui remontent à plusieurs siècles

La connaissance hydrographique des Seychelles ne date pas d’aujourd’hui. Les îles figuraient déjà sur des cartes anciennes plusieurs siècles avant l’indépendance du pays et même avant l’installation permanente des populations.

Les premières levées hydrographiques documentées dans les eaux seychelloises remontent à 1742. Une partie importante des informations qui servent encore de référence pour les cartes actuelles provient par ailleurs de levés réalisés avant l’indépendance, notamment par l’Amirauté britannique.

Une campagne récente a permis de cartographier près de 650 km²

Plus récemment, les Seychelles ont franchi une nouvelle étape grâce à une importante campagne de levés hydrographiques réalisée dans le cadre d’un partenariat avec le UK Hydrographic Office. Achevée en 2024, cette campagne a permis de produire environ quatre téraoctets de données et de cartographier près de 650 km² d’eaux autour de Mahé, Praslin et La Digue.

Malgré l’importance de cette campagne, les données recueillies permettent également de mesurer l’ampleur du travail restant à accomplir.

Le domaine maritime des Seychelles s’étend sur environ 1,4 million de km². Les quelque 650 km² cartographiés dans le cadre de la campagne achevée en 2024 représentent ainsi moins de 0,05 % de cette superficie.

Cette situation illustre l’importance d’une approche permanente de l’hydrographie. Toutes les zones maritimes ne disposent pas nécessairement de données issues de levés modernes. Certaines reposent encore sur des informations plus anciennes et nécessitent de nouvelles campagnes afin d’améliorer la connaissance des fonds et de l’environnement marins.

Le SHO, un cadre national dédié aux données hydrographiques

La création du Bureau hydrographique des Seychelles intervient ainsi dans un contexte où la connaissance du domaine maritime devient un élément essentiel de la gouvernance d’un État océanique.

Au-delà de la production de cartes, l’hydrographie permet de transformer les données relatives à l’océan en informations utiles à la prise de décision. Ces connaissances peuvent soutenir la navigation, la recherche et le sauvetage, la planification de l’espace maritime, la gestion environnementale et, plus largement, le développement durable des activités liées à la mer.

À travers le SHO, les Seychelles disposent désormais d’un cadre national dédié à la coordination, à la gestion et à la préservation de leurs informations hydrographiques. L’objectif est de renforcer progressivement la connaissance du domaine maritime et de disposer de données fiables pour éclairer les décisions relatives à l’utilisation, à la protection et à la gestion des ressources marines.

Pour les Seychelles, cette initiative constitue ainsi un nouvel outil au service de la sécurité maritime, de la gouvernance de l’océan et du développement de l’économie bleue, au bénéfice des générations actuelles et futures.