Le Camerounais Maurice Kengne Kamga élu président du Tribunal International du Droit de la Mer (TIDM) pour la période 2026-2029
Le diplomate et universitaire camerounais Maurice Kengne Kamga a été élu, le 1er octobre 2026, président du Tribunal international du droit de la mer (TIDM) pour la période 2026-2029. À 59 ans, il devient le premier président francophone et le plus jeune président de l’histoire de cette juridiction internationale.
Le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) a un nouveau président. Ses membres ont élu, le 1er octobre 2026, le Camerounais Maurice Kengne Kamga à la tête de l’institution pour un mandat couvrant la période 2026-2029. L’élection s’est déroulée lors de la soixante-deuxième session administrative du Tribunal.
Membre du TIDM depuis le 1er octobre 2020, Maurice Kengne Kamga accède à la présidence de cette juridiction internationale après un parcours professionnel et universitaire marqué par une spécialisation approfondie en droit international, notamment en droit international de la mer.
Né le 12 mai 1967 à Bandjoun, au Cameroun, il est diplomate, juriste et universitaire. Il devient le deuxième ressortissant camerounais à siéger au Tribunal international du droit de la mer, après Paul Bamela Engo.
Un parcours universitaire d’excellence en droit international
Le nouveau président du TIDM possède une formation académique particulièrement riche, acquise au Cameroun, en Suisse et en France.
Après une licence, une maîtrise et un master en droit public obtenues à l’Université de Yaoundé, respectivement en 1989, 1990 et 1991, il poursuit ses études en relations internationales à l’Institut des relations internationales du Cameroun, où il obtient une maîtrise en 1991 et un doctorat en 1994, avec une spécialisation en diplomatie.
Son parcours le conduit ensuite à l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève, en Suisse. Il y obtient un diplôme d’études supérieures en relations internationales, spécialisé en droit international, en 1997, puis un doctorat en droit international en 2003. Cette dernière distinction, consacrée au droit international de la mer, est obtenue avec la mention très bien, les félicitations du jury et l’autorisation de publication.
Il complète sa formation par plusieurs participations à l’Académie de droit international de La Haye, en 1996, 2003 et 2005, avant d’obtenir, en 2017, une habilitation à diriger des recherches en droit public à l’Université Paris-Nanterre.
Une carrière au croisement de la diplomatie et des juridictions internationales
Maurice Kengne Kamga a construit une carrière qui associe responsabilités diplomatiques, expertise juridique internationale et enseignement supérieur.
Il débute comme assistant en droit international public et en droit constitutionnel à l’Université de Yaoundé entre 1993 et 1995. Parallèlement, il intègre le ministère camerounais des Relations extérieures en 1994, où il exerce différentes fonctions, notamment dans les affaires africaines et en qualité de conseiller juridique. Il est ministre plénipotentiaire depuis 2010 et a participé à de nombreuses délégations camerounaises dans le cadre de négociations bilatérales et multilatérales.
Son expérience internationale s’enrichit ensuite de plusieurs fonctions au sein d’institutions judiciaires et d’organisations internationales. Entre 1997 et 2001, il travaille comme juriste-linguiste adjoint au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, à La Haye, aux Pays-Bas. Il rejoint ensuite le Tribunal international du droit de la mer, à Hambourg, en Allemagne, comme juriste chargé de publication entre 2001 et 2002.
Il intervient également comme consultant auprès du Bureau juridique de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), entre 2001 et 2007, dans le cadre de missions portant notamment sur l’élaboration de projets de lois nationales relatives à la pêche et à l’aquaculture.
De 2008 à 2020, il exerce les fonctions de secrétaire juridique à la Cour internationale de Justice, à La Haye. Cette expérience au sein de l’une des principales juridictions internationales constitue une étape majeure de son parcours professionnel.
Un engagement durable dans l’enseignement et la recherche
En parallèle de ses responsabilités diplomatiques et juridiques, Maurice Kengne Kamga mène une carrière universitaire soutenue.
Professeur associé à l’Institut des relations internationales du Cameroun depuis 2006 et à l’Université catholique de Lille depuis 2011, il intervient dans de nombreuses universités et institutions en Afrique, en Europe et au-delà.
Ses activités d’enseignement et de conférence l’ont notamment conduit à la Brussels School of International Studies, à l’Université maritime mondiale de Malmö, à l’Institut de droit maritime international de Malte, à l’Université des Nations Unies et à plusieurs établissements universitaires camerounais, belges, néerlandais et turcs.
Il contribue également à la formation de nouvelles générations de chercheurs en dirigeant ou en codirigeant de nombreuses thèses de doctorat et en participant à des jurys universitaires en Afrique et en Europe depuis 2011.
Depuis 2021, il est également promoteur et président exécutif de HITAS (Hanseatic Institute of Technology and Applied Sciences), un institut universitaire privé basé à Douala, au Cameroun.
Son engagement dans le domaine du droit international se manifeste aussi à travers ses responsabilités associatives. Il a été secrétaire général de l’Association des auditeurs et anciens auditeurs de l’Académie de droit international de La Haye de 2011 à 2017. Il est membre fondateur de la Société africaine pour le droit international depuis 2012 et membre de la Société française pour le droit international depuis 2015.
Une présidence historique pour le TIDM
L’élection de Maurice Kengne Kamga à la présidence du Tribunal international du droit de la mer marque une étape importante pour le diplomate camerounais. À 59 ans, il devient, le premier président francophone et le plus jeune président de l’histoire de cette institution.
Son parcours, caractérisé par une expertise approfondie en droit international de la mer, une expérience au sein de plusieurs juridictions internationales et un engagement constant dans l’enseignement supérieur, constitue le socle de ses nouvelles responsabilités à la tête du Tribunal pour la période 2026-2029.
Cette nomination place ainsi un spécialiste camerounais du droit international à la tête d’une institution juridictionnelle internationale consacrée au droit de la mer, après six années de présence en son sein.

