Congo – Quotidien des pêcheurs artisans à Djéno et Loango : Une tradition qui défie le temps
À Djéno et Loango, la mer dicte le rythme de la vie. Bien avant que le soleil ne perce l’horizon, les premières silhouettes apparaissent sur la plage. Les pêcheurs préparent leurs filets, vérifient leurs embarcations et scrutent les vagues avant de prendre le large. Ici, la pêche n’est pas seulement une profession. C’est un héritage, une identité, un savoir-faire transmis de père en fils depuis plusieurs générations.
Au Congo, la pêche artisanale constitue le pilier de l’approvisionnement national en produits halieutiques. Elle fournit près de 70 % du poisson consommé par les populations et fait vivre des milliers de familles réparties le long des côtes et des cours d’eau. Derrière cette contribution essentielle à la sécurité alimentaire se cache pourtant une réalité souvent méconnue : celle de communautés qui affrontent chaque jour les exigences de la mer pour assurer leur subsistance.
À Djéno comme à Loango, les enfants grandissent au contact de l’océan. Dès leur plus jeune âge, ils accompagnent leurs parents sur la plage, observent les gestes des anciens, apprennent à réparer un filet, à reconnaître les courants marins, les vents et les saisons favorables. Les techniques de pêche ne s’enseignent pas dans une salle de classe ; elles se transmettent par l’observation, la patience et l’expérience. Chaque génération reçoit en héritage un savoir patiemment construit par celle qui l’a précédée.
Mais la pêche artisanale est aussi une histoire de famille. Pendant que les hommes affrontent la mer, les femmes restent sur le rivage. Elles attendent, parfois durant de longues heures, le retour des embarcations. Les yeux tournés vers l’horizon, elles reconnaissent souvent la pirogue de leur mari ou d’un proche bien avant qu’elle ne touche terre. L’arrivée des pêcheurs marque alors le début d’une autre journée de travail.
Le poisson est aussitôt trié, nettoyé, transporté, fumé ou préparé pour la vente. Les femmes assurent une grande partie de la commercialisation, permettant aux produits de parvenir jusqu’aux marchés de Pointe-Noire et des localités environnantes. Leur rôle est déterminant dans toute la chaîne de valeur de la pêche artisanale. Sans elles, le fruit de la pêche ne parviendrait pas jusqu’aux consommateurs.
Pour ces familles, la mer est à la fois une source de vie et une source d’incertitude. Certaines journées sont généreuses, d’autres beaucoup moins. Les pêcheurs doivent composer avec les conditions météorologiques, le coût croissant du carburant, l’entretien des moteurs et la baisse des captures observée dans certaines zones. Malgré ces difficultés, ils continuent de prendre la mer, mus par la volonté de faire vivre leurs familles et de préserver une activité qui constitue l’un des piliers de l’économie locale.
Au-delà de son importance économique, la pêche artisanale est un patrimoine culturel. Elle façonne les modes de vie, les solidarités familiales et l’identité des communautés côtières. Chaque départ en mer est un acte de courage ; chaque retour est accueilli avec soulagement et espoir. Les filets rapportent bien plus que du poisson : ils portent les revenus du foyer, l’avenir des enfants et la continuité d’une tradition ancestrale.
Conscient de cette réalité, le ministre de la Pêche, de l’Économie fluviale et des Voies navigables, Honoré Sayi, s’est rendu à la rencontre des communautés de pêcheurs de Djéno et de Loango. Cette visite de terrain lui a permis d’écouter leurs préoccupations, de mesurer les défis auxquels ils sont confrontés et de réaffirmer la volonté du Gouvernement d’accompagner le développement d’une pêche artisanale durable, moderne et créatrice de richesses.
À Djéno et à Loango, lorsque le soleil disparaît à l’horizon, les embarcations sont déjà prêtes pour une nouvelle marée. Le lendemain, avant l’aube, les mêmes gestes seront répétés avec la même détermination. Car pour ces femmes et ces hommes, la pêche est bien plus qu’un métier : c’est une histoire de transmission, de courage et d’espérance, écrite chaque jour au rythme des vagues.
La Cellule de Communication
Ministère de la pêche de l’économie fluviale et des voies navigables

