Guinée : le premier projet pilote de carbone bleu en mangrove dépasse 90 % de réussite technique

La Guinée franchit une nouvelle étape dans le développement de son économie bleue avec la mise en œuvre de son premier projet pilote de carbone bleu en zone de mangrove. À Kakossa, dans la préfecture de Forécariah, le Secrétaire général du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), Dr Karim Samoura, a effectué une mission d’évaluation de cette initiative portée en partenariat avec l’entreprise WEST AFRICA BLUE.

Déployé dans le district d’Amaraya, le projet enregistre un taux de réussite technique supérieur à 90 % sur le terrain, confirmant la viabilité des opérations de restauration des écosystèmes de mangrove et leur potentiel en matière de séquestration du carbone.

Un ambitieux programme de restauration des mangroves

L’objectif du projet est de reboiser 7 000 hectares de mangroves afin de capter le dioxyde de carbone et de générer des crédits carbone certifiés selon le standard international Verra. L’ensemble du processus est placé sous le contrôle réglementaire du MEDD, garantissant la conformité environnementale et la crédibilité des futurs crédits carbone.

Au-delà de son impact écologique, cette initiative représente une véritable opportunité économique. Selon le ministère, les projets nationaux de restauration des mangroves pourraient mobiliser entre 50 et 100 millions de dollars. Ces revenus seraient répartis entre l’État, l’opérateur et les communautés locales, notamment à travers le financement d’activités génératrices de revenus.

Les communautés au cœur du modèle économique

Dr Karim Samoura a souligné que plusieurs projets de crédit carbone sont déjà sécurisés par l’engagement d’un acquéreur de premier plan.

« S’agissant de la Guinée, au moins cinq projets de crédit carbone bénéficient déjà de l’engagement d’un acquéreur majeur, Rio Tinto. Ce dernier accompagne les opérateurs dans la recherche d’investisseurs privés de premier plan afin de garantir le financement global des opérations », a-t-il déclaré.

Il a également insisté sur la dimension sociale du projet, qui vise à offrir des alternatives économiques durables aux populations riveraines.

« Ces ressources permettent non seulement d’organiser le reboisement, mais aussi de financer des activités génératrices de revenus pour les riverains, réduisant ainsi la pression sur la mangrove et faisant des communautés de véritables partenaires du projet », a précisé le Secrétaire général du MEDD.

Une illustration de la vision Simandou

Pour les autorités guinéennes, ce projet pilote dépasse le cadre de la restauration écologique. Il s’inscrit dans une stratégie nationale visant à concilier développement industriel, protection des écosystèmes et financement climatique.

« Ce succès concret matérialise le volet environnemental de la vision Simandou prônée par Son Excellence Mamadi Doumbouya, alliant développement industriel et durabilité », a conclu Dr Karim Samoura.

Avec ce premier projet pilote, la Guinée positionne les mangroves comme un levier stratégique de l’économie bleue, capable de contribuer à la lutte contre le changement climatique tout en créant des bénéfices économiques et sociaux pour les communautés côtières.