La Tanzanie choisie pour accueillir l’Université Maritime de l’Afrique de l’Est, Australe et du Nord
La 10ᵉ Assemblée des ministres de l’Organisation Maritime de l’Afrique de l’Est, Australe et du Nord (MOESNA) a approuvé la création de l’Université Maritime de l’Afrique de l’Est, Australe et du Nord (Maritime University for Eastern, Southern and Northern Africa – MUESNA) en Tanzanie. Cette décision marque une étape importante dans le renforcement de l’enseignement maritime, de la formation professionnelle et des capacités du secteur du transport maritime dans la région.
L’établissement fonctionnera sous l’appellation officielle de MUESNA, conformément à sa vocation régionale, qui consiste à servir les pays d’Afrique de l’Est, australe et du Nord.
Cette université devrait permettre d’élargir l’accès à des formations maritimes spécialisées, d’harmoniser les normes de formation et de développer une main-d’œuvre qualifiée capable de répondre aux besoins du transport maritime, des ports, de la logistique, des administrations maritimes et des secteurs connexes.
« L’Université maritime régionale (RMU) permettra de combler les importantes lacunes en matière de compétences maritimes, d’harmoniser les normes de formation et de renforcer le développement des compétences pratiques. Elle contribuera ainsi à former une main-d’œuvre qualifiée pour soutenir une industrie maritime régionale plus compétitive et durable », a déclaré le professeur Anish Hebbar de l’Université maritime mondiale (WMU), consultant principal chargé de l’étude de faisabilité.
La Tanzanie a été retenue pour accueillir la MUESNA à l’issue d’une évaluation de faisabilité portant notamment sur les établissements de formation maritime existants, les besoins régionaux en compétences, les insuffisances en matière d’infrastructures et la capacité des pays candidats à accueillir cette nouvelle institution.
La décision a été prise lors de l’Assemblée tenue à Dar es Salaam, le 15 octobre 2026. Elle constitue une avancée dans les efforts de la MOESNA visant à mettre en place un centre régional dédié à l’enseignement maritime, à la recherche, au développement professionnel et à l’harmonisation des normes de formation.
« L’Université maritime régionale renforcera la souveraineté maritime de l’Afrique grâce à la formation de professionnels qualifiés, à l’harmonisation des formations et à la promotion de l’intégration régionale, en faveur d’une économie maritime plus compétitive », a déclaré Kassim Kaziba Mpaata, Secrétaire général de la MOESNA.
L’étude de faisabilité a recensé environ 731 établissements d’enseignement supérieur dans la région, mais seulement 21 établissements reconnus proposant des formations en enseignement et en formation maritimes.
Ces résultats mettent en évidence un déficit important de capacités de formation maritime spécialisée, malgré la présence d’un nombre relativement élevé d’établissements d’enseignement supérieur.
L’étude a également relevé des insuffisances concernant les simulateurs maritimes, les ateliers pratiques, les possibilités de formation en mer ainsi que les partenariats entre les établissements d’enseignement et l’industrie maritime.
Ces lacunes limitent le développement des compétences techniques nécessaires aux compagnies maritimes, aux opérateurs portuaires, aux administrations maritimes, aux prestataires logistiques et aux autres organisations intervenant dans l’économie maritime.
La MUESNA devrait contribuer à relever ces défis en mettant en place une plateforme régionale coordonnée consacrée à l’enseignement maritime, à la formation professionnelle, à la recherche et au développement des compétences.
L’institution soutiendra également l’harmonisation des programmes académiques et des qualifications professionnelles, afin d’aider les pays participants à former une main-d’œuvre capable de répondre aux exigences de l’industrie maritime aux niveaux régional et international.
Dans le cadre de son évaluation comparative, l’étude de faisabilité s’est appuyée sur des établissements reconnus dans le domaine de l’enseignement maritime, notamment le Dar es Salaam Maritime Institute en Tanzanie, la Bandari Maritime Academy au Kenya, l’Université maritime régionale (RMU) au Ghana et l’Université maritime mondiale (WMU) en Suède.
Cette analyse comparative a porté sur les dispositifs institutionnels, les programmes académiques, les infrastructures de formation pratique, les mécanismes de financement ainsi que les possibilités de collaboration avec l’industrie maritime.
L’étude de faisabilité a recommandé que le choix du pays d’accueil repose sur des critères objectifs, notamment les capacités existantes en matière d’enseignement et de formation maritimes, les besoins en infrastructures, les exigences régionales en compétences et le niveau de préparation institutionnelle.
D’autres critères ont également été pris en compte, tels que la disponibilité d’équipements de formation spécialisés, les possibilités d’enseignement pratique et d’acquisition d’une expérience en mer, les capacités institutionnelles et l’aptitude à accueillir une université au service de l’ensemble de la région.
L’engagement des gouvernements, la mise en place de mécanismes de financement durables, les partenariats avec l’industrie et la capacité à appliquer des normes harmonisées d’assurance qualité académique ont également été identifiés comme des facteurs essentiels à la réussite à long terme de l’institution.
Le choix de la Tanzanie offre ainsi à la future université un pays d’accueil à partir duquel pourront être développés ses programmes régionaux, ses structures institutionnelles et ses partenariats.
Toutefois, la création effective de l’université nécessitera un cadre juridique et de gouvernance approprié, soutenu par des engagements politiques, législatifs et financiers des États participants.
Sa vocation régionale reposera également sur la coopération entre les gouvernements, les administrations maritimes, les établissements de formation, les compagnies maritimes, les opérateurs portuaires et les partenaires au développement.
Afin de renforcer la formation pratique, l’étude de faisabilité a recommandé la création d’un Centre régional de simulation maritime, l’acquisition ou la mise à disposition d’un navire-école à vocation commerciale (training-cum-trading vessel), ainsi que le développement d’un réseau de Centres d’excellence répartis dans les pays participants.
Le centre de simulation proposé offrira des installations spécialisées permettant de dispenser des formations pratiques dans les domaines des opérations maritimes, de la navigation et d’autres disciplines techniques.
Le navire-école à vocation commerciale permettra aux étudiants d’acquérir une expérience indispensable en mer et de développer les compétences pratiques nécessaires à l’obtention de qualifications professionnelles maritimes.
Les Centres d’excellence envisagés viendront compléter le campus principal de l’université en élargissant l’accès à des formations spécialisées, à la recherche et à l’expertise technique dans les différents pays participants.
Cette approche décentralisée vise à garantir que les retombées de la MUESNA dépassent les frontières du pays d’accueil et contribuent au renforcement des établissements de formation maritime déjà présents dans toute la région.
L’étude recommande également l’harmonisation des systèmes d’assurance qualité académique et des normes de formation maritime, afin de garantir des qualifications cohérentes et reconnues, répondant aux exigences de l’industrie.
Les partenariats avec les compagnies maritimes, les opérateurs portuaires, les académies maritimes, les universités et les partenaires au développement seront essentiels pour soutenir les programmes académiques, les infrastructures de formation et la viabilité financière de l’établissement.
Enfin, l’étude de faisabilité recommande la mise en place d’un groupe de travail de la MOESNA chargé de coordonner les modalités de mise en œuvre, de gouvernance et de financement de la MUESNA.


