Les Seychelles signent un nouveau protocole de l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable avec l’Union européenne
Les Seychelles et l’Union européenne (UE) ont récemment signé à Bruxelles un nouveau protocole de mise en œuvre de l’Accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD). D’une durée de quatre ans, cet accord vise à garantir une continuité économique essentielle pour les Seychelles, en protégeant directement les emplois maritimes locaux, en stimulant les activités portuaires et en injectant plusieurs millions d’euros dans l’économie nationale ainsi que dans le développement du secteur local de la pêche.
Selon les termes du nouveau protocole, jusqu’à 30 navires senneurs européens et 8 palangriers seront autorisés à accéder à la Zone économique exclusive (ZEE) des Seychelles. L’Union européenne apportera une contribution financière totale d’environ 23 millions d’euros (soit près de 373 millions de roupies seychelloises) sur la période de quatre ans. Sur ce montant, 3 millions d’euros par an (soit 12 millions d’euros au total) seront spécifiquement consacrés au soutien sectoriel visant à renforcer et développer l’industrie locale de la pêche aux Seychelles.
En plus de la contribution financière de l’UE, les propriétaires des navires européens devront s’acquitter de droits d’accès à la pêche (90 euros par tonne) ainsi que d’un paiement anticipé de 72 000 euros par navire senneur, versé directement aux Seychelles par l’intermédiaire de la Seychelles Fishing Authority (SFA). Des frais spécifiques seront également dédiés à la gestion environnementale et au suivi des écosystèmes marins.
Tout en maintenant des normes élevées en matière de gouvernance durable des océans, le nouveau protocole garantit d’importantes retombées économiques pour l’économie locale, en maintenant Port Victoria au cœur des opérations régionales de pêche au thon.
Port Victoria demeure le principal centre opérationnel et de transbordement de la flotte thonière européenne dans l’océan Indien. Cette position garantit une demande continue pour les services locaux de manutention portuaire, d’avitaillement en carburant, d’approvisionnement et de soutien à terre, contribuant ainsi directement à la préservation des moyens de subsistance liés à cette industrie.
L’accord assure également un approvisionnement régulier et fiable en thon pour l’usine locale de conserverie (Indian Ocean Tuna – IOT) ainsi que pour le secteur de transformation des captures accessoires, permettant de préserver les emplois locaux et de renforcer les capacités d’exportation.
Une part importante des 3 millions d’euros annuels du fonds de soutien sectoriel sera directement destinée au secteur de la pêche artisanale et de la petite pêche. Ces financements permettront d’améliorer les infrastructures, de renforcer les équipements de sécurité et de moderniser les installations destinées aux pêcheurs seychellois.
Des financements ciblés seront également consacrés au soutien de la Seychelles Maritime Academy (SMA) afin de former la prochaine génération de marins, capitaines et techniciens seychellois, en leur permettant d’obtenir des qualifications internationales conformes aux normes de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de l’Organisation maritime internationale (OMI). L’accord prévoit également des opportunités d’emploi pour les pêcheurs seychellois à bord des navires européens.
Le ministre Cosgrow a souligné le caractère durable du partenariat et de la coopération entre les Seychelles et l’Union européenne dans le secteur de la pêche, rappelant que la pêche constitue un pilier fondamental de l’économie seychelloise. Il a réaffirmé l’engagement du pays en faveur d’une gouvernance durable des océans et exprimé sa volonté de renforcer davantage les relations bilatérales afin de stimuler le développement socio-économique local.
Selon le ministre, « au-delà de garantir des retombées financières importantes et des mesures de protection environnementale, cet accord protège l’épine dorsale de notre économie locale à terre, depuis nos manutentionnaires et travailleurs portuaires jusqu’aux employés de nos installations de transformation locales. Plus important encore, les fonds sectoriels dédiés permettront de renforcer directement nos pêcheurs artisanaux et d’investir massivement dans notre jeunesse à travers la Seychelles Maritime Academy, afin que les bénéfices de nos ressources marines profitent directement à notre population ».
Le protocole est appliqué à titre provisoire depuis le 27 juillet 2026, afin d’éviter toute interruption supplémentaire des activités portuaires et des chaînes d’approvisionnement locales, pendant que les deux parties finalisent leurs procédures officielles de ratification.


