« Il n’y a pas de passage sûr dans le détroit d’Ormuz » : le Secrétaire général de l’OMI

Le Secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a appelé tous les États Membres de l’OMI à apporter leur soutien pour faire face à la situation dans le détroit d’Ormuz, où quelque 20 000 gens de mer se trouvent bloqués et dans l’impossibilité de partir.

Lors d’une réunion d’information informelle avec les États Membres et les représentantes et représentants du secteur, le Secrétaire général Dominguez a confirmé que plusieurs navires avaient été saisis et immobilisés dans la région au cours des derniers jours.

Il a appelé à la plus grande prudence, compte tenu de la présence potentielle de mines dans tout le détroit et du risque de nouvelles attaques contre les navires.

 » Je demande que les gens de mer soient libérés, car ils ne sont pas responsables « , a-t-il déclaré.  » La situation ne s’améliore pas.  Je tiens à le répéter : il n’y a aucun passage sûr nulle part dans le détroit d’Ormuz. « 

Il a souligné que 29 attaques contre des navires dans le golfe Persique et aux abords du détroit d’Ormuz avaient été confirmées par l’OMI depuis le début du conflit, causant la mort d’au moins 10 marins et endommageant les navires. Environ 20 000 marins, répartis sur quelque 1 600 navires, se trouvent toujours dans le Golfe, dans l’impossibilité de partir.

Plan d’évacuation maritime

L’OMI collabore avec les États Membres et ses partenaires à l’élaboration d’un plan d’évacuation des gens de mer, qui sera prêt à être mis en œuvre dès que les conditions de sécurité le permettront. Cela implique notamment de dresser une liste des navires concernés et de les classer par ordre de priorité en fonction des besoins humanitaires.

Pour que l’évacuation puisse avoir lieu, toutes les Parties au conflit devraient s’engager à s’abstenir de toute attaque contre les moyens maritimes pendant l’opération.

Dominguez a également appelé à une coordination entre les États du pavillon, les armateurs et les exploitants afin d’utiliser le dispositif de séparation du trafic (TSS), reconnu au niveau international, comme couloir d’évacuation, une fois que les garanties de sécurité seront en place.

Il a souligné que le TSS, adopté par l’OMI en 1968, reste la seule route reconnue pour la traversée du détroit.

Il a déclaré que l’OMI continuerait à collaborer avec l’Iran et Oman, qui coordonnent les opérations de transit dans ce corridor. Il a également salué le soutien apporté par la France, le Royaume-Uni et d’autres pays dans le cadre de l’opération d’évacuation.

Bien-être des gens de mer

Alors que le conflit en est désormais à sa huitième semaine, le Secrétaire général Dominguez a averti que les provisions à bord des navires bloqués dans le golfe Persique – notamment l’eau, la nourriture et le combustible – allaient commencer à manquer. Il a salué le soutien continu apporté par les pays de la région, qui fournissent des fournitures et des provisions essentielles.

Le Secrétaire général Dominguez a exhorté tous les États du pavillon, les ONG, les organismes professionnels et les États de nationalité des gens de mer à apporter toute l’aide nécessaire, notamment par le biais d’une assistance à distance, de lignes d’assistance téléphonique et en tenant les familles informées. Il a également souligné l’importance d’un traitement équitable des gens de mer en matière de conditions de vie et de rémunération.

 » J’ai parlé à un marin qui était bloqué dans le golfe Persique pendant plus de six semaines. Outre l’épuisement et les répercussions sur leur santé mentale, les équipages ont le sentiment d’être invisibles et de ne pas être valorisés. Il nous reste encore beaucoup à faire « , a-t-il déclaré aux délégués.

L’OMI fera un nouveau point sur l’évolution de la situation devant le Conseil de sécurité des Nations Unies lundi.

SG 24-04-2

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Source : OMI