Comores – Mutsamudu : le port prépare déjà le virage maritime de 2027
Dallage, petit quai, navire en construction et futur port de Mohéli, Corridor maritime : plusieurs chantiers structurants dessinent une nouvelle séquence pour le transport maritime comorien.
Au port de Mutsamudu, le chantier ne se résume plus à une simple opération de réhabilitation. Sur le côté arrière gare maritime, quelque 6 000 mètres carrés doivent être dallés afin d’améliorer les conditions de sécurité, de circulation et d’exploitation. Un chantier qui avance malgré certaines difficultés rencontrées au démarrage et qui s’inscrit désormais dans une perspective plus large : renforcer les infrastructures portuaires d’un archipel où la mer constitue à la fois une voie de communication, un outil économique et un lien social entre les îles.
Hier, la ministre des Transports, Yasmine H. Alfeine, assurant l’intérim du chef de l’État, s’est rendue au port de Mutsamudu pour constater directement l’évolution des travaux. Accompagnée de son directeur de cabinet, Kassim Ibrahim Elarif, et d’une délégation du projet « Corridor maritime », elle a visité le chantier de dallage avant de se rendre sur le petit quai.
Sur place, le directeur général de la société concessionnaire ASC (Anjouan Stevedoring), Mounib Elhad, a reconnu les difficultés rencontrées au cours de l’exécution, tout en assurant que le chantier est désormais relancé. « Après quelques difficultés rencontrées, le chantier est bien relancé et sera à terme prochainement », a-t-il indiqué.
L’enjeu dépasse pourtant le simple aspect esthétique du dallage. Dans un port, la qualité des surfaces de circulation participe directement à la sécurité des travailleurs, des usagers, des marchandises et des équipements. À Mutsamudu, la poussière qui accompagne actuellement les travaux, décrite sur place comme une « farine chocolatée », rappelle aussi les contraintes quotidiennes auxquelles sont confrontés les acteurs portuaires. La réalisation du dallage doit ainsi contribuer à améliorer les conditions sanitaires et opérationnelles autour du petit quai.
Agir avant que le quai ne se dégrade
La délégation gouvernementale s’est également intéressée à l’état du côté est du petit quai. « Nous avons appris sur des rapports que le petit quai, de son côté est, se dégrade. Nous sommes là pour constater afin de solutionner. Il faut agir à temps », a insisté Kassim Ibrahim Elarif.
Le directeur du port de Mutsamudu, Mahadali, a de son côté réaffirmé que les dispositions nécessaires sont prises pour accompagner la réalisation des projets. Le commandant du port, Abou Houmadi, est également associé à cette démarche de suivi.
Cette attention portée au petit quai traduit une réalité essentielle pour un archipel : chaque mètre de quai compte. Une dégradation laissée sans intervention peut rapidement affecter la fluidité des opérations, la sécurité et, à terme, la compétitivité d’un port.
Mais le dallage n’est qu’un élément d’une séquence plus vaste.
2027, UNE ANNÉE MARITIME !
La ministre a également annoncé l’avancement d’un projet de navire en chantier naval, dont environ 30 % de la construction seraient déjà réalisés. « Une compagnie maritime nationale sera disponible en 2027. Les travaux sont à 30 % », a-t-elle déclaré, tout en assurant que la stratégie gouvernementale vise à répondre aux difficultés structurelles du secteur des transports.
À Mutsamudu, cette perspective prend une dimension particulière. Dans un archipel, le transport maritime ne constitue pas uniquement une activité commerciale : il participe au déplacement des personnes, à l’acheminement des marchandises, à l’approvisionnement des îles et à la continuité des échanges économiques.
À ces deux projets s’ajoute désormais le chantier du port de Bangoma, à Mohéli, dont la remise au gouvernement est annoncée pour août 2027. D’un côté, Mutsamudu améliore ses infrastructures ; de l’autre, Mohéli prépare une nouvelle capacité portuaire ; parallèlement, un projet de compagnie maritime nationale se construit.
Pris ensemble, ces chantiers donnent donc à 2027 une forte coloration maritime. Au-delà des discours et des considérations politiques, leur véritable valeur se mesurera surtout à leur capacité à améliorer concrètement la circulation entre les îles, la sécurité portuaire, l’activité économique et les conditions de vie des populations. Dans un archipel, construire un port, réhabiliter un quai ou mettre un navire en service revient aussi à consolider les ponts qui relient les îles entre elles.
Source : Société Comorienne des Ports


