La raréfaction des ressources halieutiques au Sénégal, une possible menace pour la sécurité maritime ?

Depuis l’annonce de l’exploitation pétrolière par le Sénégal, il y a plusieurs voix qui se sont levées pour souligner la montée de l’insécurité maritime que cela pourrait engendrer.  Le gouvernement a tôt fait de se préparer, en commandant des patrouilleurs et en renforçant la flotte de la marine sénégalaise. Aussi, plusieurs autres actions sont mises en œuvre, pour pouvoir faire face efficacement aux potentielles menaces à venir… Mais au vu des derniers remouds dans le secteur de la pêche, il y a lieu de se poser la question à savoir, si tous les paramètres sont pris en compte dans cette lutte contre une probable insécurité maritime.

En effet, le secteur de la pêche sénégalaise, fait actuellement face à des problèmes qui ont été des déclencheurs d’actes de brigandages et de pirateries maritimes dans d’autres parties de l’Afrique notamment dans le golfe de Guinée et celui d’Aden.

Le mardi 4 Février 2020, les pêcheurs de Guet-Ndar avaient manifesté toute la journée pour réclamer des licences de pêche leur permettant de pouvoir continuer à pêcher dans les eaux mauritaniennes.

« Ils avaient brûlé des voitures, les locaux de la SONATEL et de la SENELEC situés en face de leur quartier. Les protestataires ont également saccagé les locaux de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), ainsi que plusieurs édifices publics » nous relate le journal APS.

Nous avons un manque des ressources halieutiques, des pêcheurs qui ne peuvent plus pêcher, car sans permis pour le faire sur les côtes mauritaniennes. Cette colère qui s’est manifestée le 04 février passée, si elle n’est pas réglée sur le long terme, pourrait se transformer en actes menaçant la sécurité maritime au Sénégal.

Même scénario qu’en Somalie, où les petits pêcheurs ne trouvaient plus de poissons à cause des pêches massives illégales, les groupes armés nigérians défendent leurs actions par leur « frustration ».  (Le Point Afrique du 11 Octobre 2016)

Selon un rapport de l’ISS, le secteur de la pêche emploierait environ 600 000 Sénégalais, soit 17% de la population. Le rapport souligne également que certaines communautés sont presque entièrement dépendantes de la pêche comme source de revenus.

Au vu de ceci, nous pouvons affirmer que la raréfaction des ressources halieutiques sur les différentes côtes sénégalaises, est une bombe à retardement qui mérite une attention particulière des autorités, si tant est qu’il vaille toujours mieux prévenir que guérir.

Il est primordial de se pencher sur ce problème à long terme, car si les ressources diminuaient aussi du côté de la Mauritanie, et que la situation s’aggravait sur d’autres côtes Sénégalaises, nous pourrions avoir des centaines de milliers de sénégalais, désœuvrés…

Et si la pêche sur les différentes côtes Sénégalaises, était mieux réglementée par les autorités compétentes, limitant ainsi la surpêche par les bateaux industriels et la pêche INN ?  Qu’en est-il d’une aide à la reconversion des pêcheurs ?

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