Jeunesse africaine, migration et emploi : et si la solution venait de nos eaux ?
Chaque année, des milliers de jeunes Africains prennent le chemin de l’Europe, souvent au péril de leur vie. Derrière ce phénomène, une réalité s’impose : le manque d’opportunités économiques locales.
Et pourtant…
L’Afrique de l’Ouest et du Centre regorge d’un potentiel immense, encore largement sous-exploité : la mer, les lagunes, les fleuves et les lacs.
Et si ces espaces devenaient le plus grand vivier d’emplois pour notre jeunesse ?
Aujourd’hui, le véritable paradoxe africain est là : des ressources abondantes, mais des opportunités insuffisamment structurées. En effet, faute de gouvernance intégrée, de vision stratégique et d’investissements ciblés, ces écosystèmes peinent à jouer pleinement leur rôle économique et social.
Par conséquent, les jeunes se tournent vers l’ailleurs… parfois sans retour.
Cependant, une autre voie est possible.
Cette voie passe par une révolution de l’économie bleue.
Les ports, les corridors fluviaux, les zones lagunaires et les espaces côtiers peuvent devenir de véritables pôles de création d’emplois massifs et durables :
- transport fluvial et logistique ;
- pêche et aquaculture durables ;
- tourisme écologique ;
- industries portuaires et services maritimes ;
- métiers de l’environnement et de la gestion des écosystèmes.
Mais pour y parvenir, un changement de cap s’impose.
J’en appelle solennellement aux dirigeants africains :
Il est temps de faire des espaces maritimes et aquatiques une priorité stratégique nationale et régionale. Il est temps de :
- structurer une gouvernance intégrée et efficace ;
- renforcer les cadres juridiques et leur application ;
- investir massivement dans des infrastructures durables ;
- former la jeunesse aux métiers de l’économie bleue ;
- soutenir la recherche et l’innovation locales.
Car, au fond, la véritable question n’est plus :
“Pourquoi les jeunes partent-ils ?”
Mais plutôt :
“Pourquoi ne créons-nous pas suffisamment d’opportunités pour qu’ils restent et prospèrent chez eux ?”
Révéler la mer, les lacs, les fleuves et les lagunes, ce n’est pas seulement un enjeu environnemental.
C’est un enjeu de souveraineté, de stabilité sociale et d’avenir pour la jeunesse africaine.
Transformer nos ressources en emplois, c’est transformer notre destin collectif.
Dr. Damien Ahouandokoun
Juriste – Spécialiste en aménagement portuaire et développement durable
Expert en économie maritime et portuaire
Chercheur associé au CREMPOL



